Quelques lieux dits de Samazan et l'histoire des familles y habitant

d'après des souvenirs de Renaud Jean (écrit vers 1940-1945)

Nous commençons "notre voyage" par la route nationale qui va de Marmande à Mont de Marsan

A gauche, près du bois de Soueyres, une maison en mauvais état, longtemps habitée par la famille Vignoles, dite Labourrine

A 300 mètres à droite, sur le bord du chemin qui descend vers la Glacière du Parc, voici une maisonnette neuve. Sa première propriétaire, vieille femme fort têtue, expulsée après saisie, installa son pauvre mobilier sur le long du chemin et coucha ainsi à la belle étoile, pendant plusieurs semaines . Son aventure se termina à Pulet, l'asile psychiatrique départemental

Nous laissons à gauche, le chemin vicinal qui, après la barrière de chemin de fer, monte entre deux petits bois..

Suivons la route nationale jusqu'au ruisseau et longeons celui-ci.

A notre droite le château de Cantet ! vu de l'extérieur, il n'a guère subi de changements depuis un demi-siècle. La vie semble s'en être enfuie; les grands volets sont toujours clos et les écuries sont vides. Le vieux châtelain campagnard dont les jours s'achèvent derrière ces murs couverts de lierre, n'a d'autre compagnie que celle d'une cuisinière et d'un jardinier...

Un peu plus haut, toujours à notre droite, le bois de l'Alain recouvre les pentes et descend jusqu'au ruisseau. A la saison les cèpes y abondent parait-il !

Sur la rive opposée, la métairie bâtie au lieudit Burlestouil est occupée par des Italiens... A proximité, un massif de laurier marque l'emplacement d'une maison qui brûla il y une quarantaine d'années. Son dernier occupant , l'Alaban, vieil ivrogne irascible, mourut de congestion, un matin de gel, dans un fossé près de l'Avance. Il était le descendant de l'un des soldats de l'invasion de 1814. On l'appelait l'Anglais

A quatre cents mètre plus haut, tout près du ruisseau, la métairie de Mouret, qui brûla elle aussi, dans la nuit, vers 1907

Remontons toujours le vallon. Après la métairie de Lasparguère et ses champs, nous laissons à notre gauche le bois de Filhastra. Puis, de nouveau la pente droite couverte de bosquets.. Près d'un groupe de chênes, sur un plateau dénudé, se dressaient autrefois deux maisons dont il ne reste plus rien, même pas une pierre

Quittons le ruisseau, et grimpons en diagonale à travers champs... Voilà le hameau de Terrefort.

Sous un gros fourré gisent les restes de deux maisons : celle de Tauzin qui s'effondra un beau jour après s'être longuement lézardée et celle de Serres, qui brûla

On redescend maintenant vers la route nationale en obliquant vers le nord

Le Terrefort compte encore trois maisons inhabitées : celle de Pourrat, "lou Janounet" taupier et coiffeur; plus bas celle où"le caporal pend son tabac; et tout près les décombres de l'ancienne maison de Delphin

Nous voici au "Caïrehoure" ou deux chemins se croisent . Nous les ignorons et irons par les champs....

La maisonnette de gauche est inhabitée... plus loin, le pan de mur et les ruines qui le jouxtent furent la propriété d'un cordonnier du village "lou Charles dou Mignonne". De l'autre côté du bois, les ruines de l'ancienne "bicoque" du Delphin " le Caméon"

A notre droite, la maison de dimensions modestes, abritait tout un "hameau". Deux groupes d'habitant y vivaient. D'un côté, casse Pegniney avec son âne blanc et lous Camus et sa femme "la boiteuse", parents malheureux du "Tonkin". De l'autre côté, la" Machine" et son fils. Les duels oratoires étaient fréquents dans cette petite colonie !

Descendons le ruisseau et grimpons l'autre versant...On y trouve l'ancienne maison de Barès, dit Malo.. Elle abrita une série de bergers ; d'abord le Père Malo, puis lou Saousset, lou Mimant et, pour finir le vieux Laban

Plus bas, l'ancienne maison de Vaqué dont il ne reste qu'un tas de terre mêlée de poutres pourries et de briques brisées. A l'autre bout du champs de Vaqué un petit hameau de 3 maisons dont une seule est habitée par un cheminot retraité

Au dessus du bois, le village couronne le côteau... à son entrée, il manque une maison qui appartenait à un menuisier alcoolique Combes, dit Libourne

Après un déplacement de 500 mètres, si nous suivions le chemin qui revient vers le château, nous trouverions trois maisons inhabitées, formant le groupe d'un "menuisey"*. Près du château, on trouve la maison à un étage de Dupuy et celle, en forme de ferme, appartenant à la Francette

Portons notre regard au-dessus du presbytère... non loin de la grosse maison neuve et du magasin situé en bord de la route qui mène au village, une ferme qui brûla un beau jour, par une nuit d'orage, en même temps que la grange de Buytet. Plus bas, de l'autre coté du massif d'arbres, la vieille masure abandonnée de Marot...

* ce menuisayre était le trisaiëul de nos cousins Jackie et Alain : Jean Laurans, dit Lala, menuisier, compagnon du tour de France, décédé en 1907 à Samazan... descendant d'une longue lignée de menuisiers, originaires de Hure en Gironde et installés à Samazan vers 1820

Fin du récit......

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