Histoire du Pruneau d'Agen (en cartes postales) ....

Fille de paysans, j'ai vécu la majeure partie de mon enfance, dès l'âge de 3 ans jusqu'à l'âge de 13 ans, à la campagne, dans une ferme . Mes parents, après avoir été ouvriers agricoles, étaient métayers à Beyssac (Marmande) et ils pratiquaient la polyculture.

Les grandes vacances d'été étaient en majeure partie occupées à participer aux travaux agricoles ! Pour moi, c'était un jeu comme un autre ! nulle contrainte de la part de mes parents....

Vers le 15 août, c'était l'époque du ramassage de la prune d'ente.... l'Or Noir... ce qui rapportait le plus !

Quelques mots sur l'histoire de la prune d'ente et du pruneau d'Agen.....

Au XIIIème siècle, les Croisés, après avoir tenté en vain de prendre la ville de Damas, ramenèrent chez nous une variété nouvelle de prunier dit "prunier de Damas". Les moines de l'Abbaye de Clairac, par croisement d'un prunier de Damas et d'un prunier local, créèrent une nouvelle variété de pruniers, baptisés pruniers d'Ente (du vieux français "enter = greffer"
Par la suite, lors d'une année de surproduction, ils constatèrent que la prune, séchée et "cuite" au soleil, était délicieuse et pouvait se conserver ..... ainsi naquit le pruneau !

Ce fruit si délicat, avait trouvé sur les rives du Lot et de la Garonne, des conditions climatiques idéales et des terres argilo-calcaires propices à son plein développement...

Les pruneaux étaient embarqués à bord de gabarres, dans le port d'Agen à destination de Bordeaux.... d'où l'appellation de "pruneaux d'Agen" , alors que la zone de production est plutôt située dans le Villeneuvois....

Dès 1794.. et sans doute bien avant ! le prix de la prune d'ente était réglementé

En 1790, la prune d'ente valait 18 livres le quintal et la prune commune, 10 livres

Le 28 nivose an II ( 18 janvier 1794) le District arrête que les marchands en gros, auxquels la loi accorde 5% de bénéfice, pourront vendre le quintal de prune d'ente 25 livres 4 sols et le quintal de prune commune sera vendu 14 livres
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